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Soumission d'Arthur Van Neste

Quelles devraient être les considérations principales dans le choix de revendication pour une GGI? Je propose ici de clarifier les critères à considérer. En somme, je crois que les revendications doivent 1) énoncer des solutions efficaces sur les enjeux visés, 2) être atteignables dans le contexte d’une GGI et 3) rejoindre suffisamment les étudiantes et étudiants que l’on souhaite mobiliser pour faire la grève. Il me semble que ces critères peuvent aisément faire consensus et qu’ils permettent de diriger notre choix des revendications les plus pertinentes. Suite à la présentation de ces critères, je formule mes idées sur une ligne directrice et des revendications possibles. Toutefois, je souhaite avant tout créer un consensus autour de ces critères.


3 critères pour les revendications de GGI

1. Les revendications énoncent des solutions efficaces sur les enjeux visés

Ce critère est le plus évident, les revendications doivent être décisives pour la transition socioécologique.


2. Les revendications sont négociables avec les interlocuteurs choisis pour la GGI.


Une GGI est un contexte particulier, car les revendications ne servent pas seulement à formuler ce que nous revendiquons. Elles servent aussi de condition de fin de la grève. Ainsi, pour qu’une GGI soit efficace, ces revendications doivent viser les instances qui vivent la pression de cette grève. Par exemple, revendiquer auprès d’employeurs privés une hausse des salaires à travers une GGI étudiante serait inefficace en comparaison à revendiquer une hausse du salaire minimum auprès du gouvernement provincial, car les employeurs privés sont moins directement affectés par une grève étudiante que le gouvernement. Ce critère est particulier pour une GGI pour la transition écologique, car cette transition nécessite de grands changements de politiques publiques qui sont réparties entre les compétences fédérales, provinciales et municipales. Le choix des revendications viendra donc avec le choix d'un ou plusieurs interlocuteurs et interlocutrices lors des négociations.


3. Les revendications doivent rejoindre les étudiantes et étudiants qui vont faire cette GGI.

Mobiliser la population étudiante autour d’une GGI est extrêmement difficile. Le cout qu’une GGI a sur chaque individu est extrêmement élevé et la réponse réactionnaire aux campagnes de GGI aussi. Pour cette raison, les revendications d’une GGI doivent faire plus que soulever de la sympathie de la part de la population étudiante; elles doivent toucher cette population. Le climat est souvent perçu comme un enjeu lointain et qui ne vient pas directement toucher les étudiantes et étudiants. Pour partir en GGI, il va falloir rejoindre plus que les étudiantes et étudiants qui sont déjà mobilisés. Les revendications devront donc venir joindre la condition étudiante à la transition écologique.


Idées de revendications :

Ces critères m’ont mené à la ligne directrice suivante pour les revendications d’une GGI : mettre en place les conditions sociales pour que les étudiantes et étudiants et toute la population aient les moyens d’adopter des pratiques écologiques. Dans le contexte actuel, les étudiantes et étudiants et une grande partie de la population vivent des situations de précarité financière et de logement. Une telle précarité rend beaucoup plus difficile, voire impossible, l’adoption de pratiques écologiques. Cette ligne directrice permet donc de créer un discours qui adresse à la fois la précarité étudiante et la crise climatique.

Considérant le premier critère d’efficacité : On sait très bien que la transition écologique ne se fera pas par des choix individuels. Il faut des changements structurels qui permettent et favorisent une transformation sociale.

Considérant le deuxième critère : Cette ligne directrice reste assez ouverte sur les interlocuteurs visés. L’interlocuteur provincial serait une bonne cible pour deux raisons. Premièrement, car il a plusieurs champs de compétence liés à cette ligne directrice (transport, logement et alimentation). Deuxièmement, car il est responsable de l’éducation et vit donc directement les impacts d’une GGI.

Considérant le troisième critère : Cette ligne directrice vient lier les revendications à la condition étudiante. Pour rejoindre les étudiantes et étudiants, il faut parler de leurs conditions. Simplement crier à l’urgence climatique attire beaucoup de sympathie, mais ne convainc que peu de personnes de mettre leurs études à risque.


Voici donc une courte liste de propositions de revendications que j'ai élaborées autour de cette ligne directrice. Je vous encourage à ajouter vos propres revendications qui s’inscrivent dans cette ligne.


1. Gratuité du transport collectif et interrégional.

Le transport est le secteur de plus grande production de GES au Québec et toujours en augmentation. Beaucoup d'étudiantes et d’étudiants et d'autres personnes sont mises dans une situation de dépendance à la voiture, ou sont lourdement affectées par les très hauts tarifs du transport collectif. C’est une revendication qui permet d’avoir comme interlocuteur principal le gouvernement provincial. Cette idée est intéressante, car le cout du transport collectif affecte le cout de vie des étudiantes et étudiants.


2. Mesures pour du logement abordable dans les quartiers centraux et à proximité d’accès au transport collectif:

Pour réduire la dépendance à la voiture et permettre que les gens et les étudiantes et étudiants soient proches de leurs activités, une certaine densité des logements est nécessaire à proximité des lieux d’activité. Pourtant la gentrification pousse de plus en plus de personnes à quitter les quartiers centraux et les abords de stations de métro, à la recherche de loyers plus abordables. La présence de logements abordables dans les quartiers centraux et à proximité d’accès au transport collectif est donc critique. Les mesures pour assurer cela pourraient être par exemple : un investissement massif dans le logement étudiant, social et communautaire et la mise en place d’un véritable contrôle des loyers. Ces mesures pourraient être réclamées auprès du gouvernement provincial et aideraient grandement les étudiantes et étudiants vivants sur les conséquences de la crise du logement.


Arthur Van Neste externe@sogeecom.org



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