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Soumission de Quentin Lehmann

Dernière mise à jour : 19 janv. 2023

1. cadre théorique

1.1 Proposition d’objectif


L’objectif est de mettre une place dans une transition socio-écologique juste à l’échelle du Québec afin d’atteindre un état global « socialement plus juste, inclusif et écologiquement viable, rendu possible grâce à une transformation de nos pratiques démocratiques, de nos modes de production, de consommations, de vivre ensemble et de nos représentations (récits), et s’appuyant sur l’établissement de rapports sociaux porteurs de justice sociale et d’inclusion (Audet et al., 2015).»


1.2 Justice environnementale plutôt qu’«écologie»

Il est important de proposer des revendications radicales, au sens de : « traitant les racines des problématiques ». Les points de non-retour climatiques et de la biodiversité sont inhérents aux injustices sociales et modèles socio-économiques actuels. La crise environnementale, comme on l’entend fréquemment, est réductrice. Il s’agit plutôt d’une question de justice environnementale et sociale qui se doit de remettre en question l’entièreté de notre système actuel. La justice climatique permet de comprendre que les changements climatique et perte de la biodiversité n’est pas extérieur à l’expérience humaine. nos systèmes humains sont intrinsèquement lié au écosystème. La justice climatique met aussi en valeur les façons dont les différentes populations sont inégalement affectées ainsi que les opportunités de participation aux prises de décisions. En considérant l’interrelation des enjeux sociaux et environnementaux, il est fondamental de trouver une revendication qui résonne avec justice environnementale et/ou transition socioécologique juste.


« La transition ne concerne pas que la quantité d’émissions de gaz à effet de serre produite. Elle s’appuie sur la reconnaissance que notre mode de vie, basé sur une économie capitaliste, est à la fois source de problèmes sociaux et environnementaux. En ce sens, c’est sur ce mode de vie et, plus généralement, sur le fonctionnement de nos sociétés que son action est dirigée. La transition apparaît comme l’occasion de tendre vers une plus grande justice sociale (FCTQ, 2020; Posca et Schepper, 2020). En effet, la justice est la pierre angulaire tant des objectifs de la transition que des moyens mis en place (Courtemanche, Bourque et Al., 2022). »


1.3 Notre moyen

Notre moyen est la grève générale illimitée: soit rassembler un maximum d’associations étudiant·e·s du Québec, rejoindre les étudiant·e·s qui participent à leur AG, et permettre le vote en faveur d’une tel grève. Un objectif atteignable, mais pas nécessairement facile considérant la non-participation à la vie politique étudiante depuis la pandémie. En ce sens, la nature, l'accessibilité, le vocabulaire utilisé et le nombre de revendications sont des facteurs de réussite ou d’échec. De manière plus pratique, le défi est de s’assurer de certains équilibres dans nos revendications. Afin de le nommer simplement, il faut que nos revendications soient :

  • Facile à comprendre et à adopter pour tout le monde (lambda) tout en étant assez complexes et radicales pour répondre aux urgences environnementales et sociales.

  • accessibles et «réalisables dans notre imaginaire» afin d’être rassembleuses, mais tout de même assez poussées et radicales pour répondre aux urgences environnementales et sociales.

  • Possible à mettre en place assez rapidement, mais en pouvant changer les choses de manière structurante (ça prend du temps).

  • Répondent aux enjeux de justice climatique, et non des intérêts écolos des personnes riches.

  • Respecter la souveraineté et les savoirs autochtones et permettre une décolonisation systémique.

  • Puissent amener à changer radicalement nos paradigmes sans toutefois utiliser un vocabulaire inaccessible.

  • Pas intégrer TROP de revendications, mais assez pour couvrir les enjeux de manière intersectionnelle et transsectorielle sur les enjeux, surtout bien organisées et définies et vulgarisés.

1.4 La radicalité

Certes nous cherchons des changements radicaux, soit structurants, et cela rime souvent avec révolution et renversement. En contexte de points de non-retour environnementaux, j’adhère au fait que des mesures sans une telle ambition pourraient encore une fois s’avérer inefficaces, greenwashés ou laissées de côté une fois nos mobilisations finies.

Je pense encore une fois qu’il faut trouver un équilibre entre une revendication radicale et une revendication réformatrice. Attention! L’idée n’est pas de se dé-radicaliser, mais plutôt d’envelopper et décorer nos revendications radicales afin qu’elle soit plus facile à adopter, et donc rassembleuse. N'ayons pas peur de parler d’(éco)radicalité, mais restons un maximum inclusif et, encore une fois, accessible. Une grève sans un grand nombre de personnes mobilisées ne fait pas pression.


1.5 Nos fins

Notre but est de faire plier (imposer plutôt que demander) le gouvernement et autres institutions à nos revendications. En dehors de l’objectif « principal », il faut considérer l’importance considérable que représente une GGI en termes de marqueur socio historique ainsi que de sa capacité sensibilisatrice et éducatrice aux enjeux ET aux savoir-faire organisationnels. Nos revendications doivent donc être détaillées et vulgarisées et la GGI doit s’accompagner de mesures d’aide au regroupement sans expérience. Pour simplifier, il faut que n’importe qui soit rapidement en mesure de l'expliquer à sa famille et ses ami·e·s et que n’importe quel regroupement puisse comprendre les possibilités d’implication et d’action rapidement. Le contenant et les instructions pour le tenir sont donc selon moi tout aussi importants que le contenu !


1.6 Évaluation

Il existe une impressionnante expertise sur les questions de transition socioécologique juste et de justice environnementale au Québec. Il est important de faire vérifier et évaluer nos revendications par les groupes de travail existant sur les questions socioécologique, par les rechercheur·euse en politique environnementale et science de l’environnement au Québec et surtout par les Premières Nations. Leurs commentaires pourraient s’avérer être précieux et nous révéler des angles morts de différentes natures.


2. Ma proposition de revendication

Je pense que si l’on arrive à imposer la création de comités de justice environnementale contraignants dans tous les ministères gouvernementaux et, ainsi, dans toutes les prises de décision, nous pourrons mettre en marche les changements structurants nécessaires.


En ce sens, je propose

  • Qu'une Charte de la justice environnementale soit créée et travaillée par des comités de citoyen·ne·s diversifiés (territoire, profil socioéconomique, profil culturel…) incluant les Premières Nations et les Inuit. La Charte devra harmoniser les rapports des citoyen·ne·s entre eux, leur environnement naturel et social et avec leurs institutions. La Charte s'applique tant aux activités de l’État (législatives et exécutives) qu'aux rapports de droit privé (entre citoyen·ne·s). Que cette Charte soit intégrée à la « Constitution du Québec » au même titre que les autres Chartes existantes.

  • Qu’une commission de la justice environnementale, formée de membres diversifiés, soit chargée de la promotion et surtout de l’application de la Charte.

  • Que des critères de justice environnementale contraignants et structurants soient intégrés à tous les niveaux décisionnels des instances publiques, autre que les très malléables critères du développement durable.

  • Que cette charte soit créée par les citoyen·ne·s via un processus démocratique d’assemblées citoyennes sur tout le territoire.



Par exemple:

Ayant pour objectif d'assurer la justice climatique et d'harmoniser les rapports des citoyens entre eux, leur environnement naturel et social et avec leurs institutions, la Charte s’applique tant aux activités de l’État (législatives et exécutives) autant qu’aux rapports de droit privé (entre citoyens). La Charte instituerait aussi une commission de la justice environnementale chargée de sa promotion et de son application. Les membres de cette commission seraient des scientifiques reconnus sur les questions socioenvironnementales, de représentant·e·s des Premières nations et des membres de la société civile concernées (regroupements communautaires, regroupement citoyen, communauté)..


Ainsi, des « comités » de justice climatique devront aussi être formés au sein des instances publiques. Il serait aussi composé de scientifiques reconnus sur les questions environnementales traitées par l'instance en question, de représentant·e·s des Premières nations et des membres de la société civile concernées (regroupements communautaires, écolos de communautés). Il est effectivement question d’une plus grande participation citoyenne au prise de décision «importante» locale et nationale. Une fois mis en place, il sera impossible de prendre des décisions importantes sans passer par un prisme de justice socio-environnementale contraignant et démocratique.


Tout comme le ministère de l'économie constitue une structure qui s'impose dans chacune des décisions gouvernementales, la création d’un ministère de la justice environnementale puissant et muni de critères beaucoup plus rigide que ceux du « développement durable » pourrait interférer dans les projets de différente nature. Il aurait le dernier mot sur ces projets en se basant sur un cadre contraignant issu de la transition socio écologique juste et des considérations autochtones. De même que pour les petites décisions quotidiennes, un cadre d’action socio-environnemental pour chaque projet, même les plus petits, devra être révisé et imposé pour respecter l’urgence climatique.

Tout cela demande une participation citoyenne accrue, créant ainsi un état bien plus démocratique. De plus, les changements devront se faire en accord avec les populations locales qui devront être quant à elle informées avant de décider.


On parle ici d’une nouvelle révolution :

Démocratisation des prises de décisions qui concernent la collectivité.

En éducation : mise en place d’un modèle d'éducation adapté aux enjeux socio-environnementaux contemporains, inspiré de l’éducation relative à l’environnement et instaurant une pensée critique. Permettre aux gens d’être des éco-citoyens solidaires et informés.


En économie : Définir un cadre social contraignant. Permettre l’économie sociale pour tout nouveau projet, démocratiser l’économie et les projets économiques tout en ayant des normes strictes environnementales. Permettre une meilleure redistribution de la richesse et une prise en main des décisions.


En construction : Permettre la construction de bâtiments sociaux respectant les normes environnementales. Obligé un aménagement responsable des territoires et en accord les Premières Nations l’habitant.


Et ainsi de suite…



Tout cela doit être défini, discuté et surtout amélioré. Je pense cependant qu’un tel cadre juridique, politique et démocratique est accessible avec une grande GGI. Il permettait de renverser à moyen-long terme nos pratiques destructives actuelles et favoriser la naissance de modes de fonctionnement alternatifs ainsi que de conception du monde différente. La réussite d'une transition socioécologique juste.

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